Marc FETTESSecrétaire général (1995) de l'Association Mondiale d'Espéranto |
Tampere, Finlande, juillet 1995: 80e Congrès Mondial d'Espéranto.
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"Nous, les peuples, un monde ou des atomes dispersés?" Prendrons-nous d'abord en compte les réussites de l'ONU, comme balises vers un monde débarrassé de la faim, un monde de paix et de justice, ou bien allons-nous considérer ses échecs, qui nous montrent les limites de ses efforts, nous peignant ainsi un avenir gris et angoissé, plein d'injustice à l'intérieur des États et de dissensions entre eux? Dans un cas comme dans l'autre, quel doit être le rôle d'une autre communauté internationale, où se réunissent non des français avec des britanniques, ni des polonais avec des russes, mais des hommes avec des hommes'*? Car loin de nous cette pensée que notre compétence d'espérantistes se limite à l'aspect linguistique de la collaboration internationale! Certes nous sommes les porteurs d'une solution très concrète pour un des problèmes de l'ONU, un problème dont, du reste, l'Organisation a encore à peine conscience, malgré les efforts menés depuis 50 ans par l'Association Mondiale d'Espéranto pour l'expliquer. Mais nous sommes aussi les tenants d'une lutte plus générale pour la valorisation de la personne humaine dans le cadre d'une diversité linguistique et culturelle. D'ailleurs, aucune déclaration, aucun statut officiel, en Espéranto, ne commencerait par les mots Nous, les peuples'. D'abord parce que nous sommes plus modestes, mais aussi parce que nous comprenons mieux que quiconque la complexité de l'identité humaine, l'impossibilité de la réduire à une seule étiquette, laquelle est fondée, en fin de compte, sur une lutte de pouvoir entre nations, entre États. Nos déclarations, si nous les formulions, commenceraient par des mots semblables à ceux que Zamenhof utilisa, lors du premier Congrès Mondial d'Espéranto, il y a 90 ans: Nous, les hommes, d'une humanité en train de s'unifier...' (...) *citation extraite du discours de Zamenhof, initiateur de la Langue Internationale Espéranto, lors de l'inauguration du premier Congrès Mondial d'Espéranto, Boulogne-sur-Mer, France, 1905.Marc FETTES | |||||